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Le festival des Nuits de la Terrasse et Del Catet menacé :

Initié par la compagnie In Situ, accompagné par SortieOuest et porté par la Communauté de Communes Orb et Taurou, le festival des Nuits de la Terrasse et Del Catet risque d'être une victime de la loi NOTRe via la fusion de la Communauté de Communes Orb et Taurou avec celle des Avants-Monts-Centre-Hérault.

Francis Boutes, le président de la CC des Avants-Monts a déclaré récemment dans les pages du Midi-libre (édition du 19 juillet) que le budget du festival était trop important, et qu'il ne voyait pas comment la nouvelle Communauté de Communes née de la fusion pouvait en supporter le poids.

Approche très économique désireuse d'apparaître pragmatique mais qui cache, à notre avis, d'autres raisons, beaucoup plus politiques celles-là. Il n'y a en effet aucune raison qu'un festival, jusque-là porté par une petite Communauté de Communes, le département et la région ne puisse plus l'être par une future collectivité beaucoup plus grande et dont le nombre d'habitants et de communes tripleront.

Au contraire, on aurait même pu penser que cette fusion serait l'occasion de voir grandir ce festival, dont le succès n'est plus à démontrer et qu'il se développerait ainsi autour de son ancrage actuel via un élargissement à de nouvelles communes.
Mais visiblement, la volonté de Francis Boutes, n'est pas celle-là.
C'est donc bien du côté politique qu'il faut chercher les raisons de la mort annoncée et voulue de ce festival qui a réussi à fidéliser un public venant de tout le territoire biterrois, et ce grâce au travail, depuis dix ans maintenant, de SortieOuest, de son dispositif du "Grand-Tour" et via le festival.

Le festival des Nuits de La Terrasse et Del Catet est l'achèvement jubilatoire de la saison de SortieOuest et du Grand Tour. Positionné en juillet, il est la dernière touche du travail de démocratisation et de décentralisation entrepris tout au long de l'année par cette équipe de dingues, militants de la culture et du service public. Il est le lieu de rencontre et de rassemblement d'une population (et d'un public) fidèle, impatiente de ce rendez-vous annuel.
Jean Vilar, avait compris que le théâtre pour vivre et préserver tout son sens démocratique devait sortir de ses murs qui, sinon, ont vite fait de se transformer en forteresse.

Les équipes de SortieOuest et du festival font de même.
Elles parcourent tout au long de l'année le territoire, tissent des liens de familiarité avec la population et fabriquent une présence du théâtre et du spectacle vivant dans des lieux où il avait disparu ou parfois jamais existé. Ce qui caractérise le festival et en fait sa richesse c'est l'intelligence, et l'exigence artistique des spectacles qui, via l'émotion, les idées, les points de vue et les représentations du monde qu'ils font circuler lui permettent de jouer pleinement son rôle civique.

Cette présence répétée de troupes et d'artistes a créé un lien durable avec le théâtre et le spectacle vivant sur le territoire biterrois.
Elle est devenue dans le même temps un puissant levier de développement culturel. Elle a provoqué d'autres désirs, de nouveaux projets. Elle a déclenché de nouvelles réflexions autour de l'action culturelle. Elle a suscité de nouvelles pratiques liées au spectacle vivant ou non. Elle a influé sur les politiques culturelles des collectivités. Elle a mis en valeur un patrimoine architectural et viticole. Elle a valorisé un territoire. Elle a créé une synergie et une dynamique qui font visiblement peur à certains.

Car si le projet et l'action de la Cie In Situ et de son alter-égo SortieOuest dérangent, c'est qu'ils sont portés par un projet politique fort qui, de plus, est couronné de succès.

C'est un projet qui engage le politique à prendre parti et demande une réflexion et un regard sur ce qui fait culture, qui questionne ce qu'est "la parole artistique" et tente de démêler ce qui est de l'ordre du divertissement et de la démarche artistique.

Et cela fait peur à beaucoup, car il est plus confortable de se cantonner à ce qui fait consensus, à ce qui "marchera" à coup sûr, que de s'engager dans une politique culturelle ambitieuse donc difficile car elle ne cherche pas à se cacher derrière son petit doigt ou à séduire. Rien n'est plus facile que la séduction du divertissement...et le territoire regorge de politiques culturelles qui n'en ont que le nom et qui ne programment en fait que des objets de consommation culturelle produits dans le seul but de divertir...
Il faut donc du courage aux hommes politiques pour assumer un projet culturel dont le propos va au-delà du plaire ou du bénéfice symbolique. Le Festival des Nuits fait partie d'une histoire et d'une démarche dont on saisit davantage les enjeux et les perspectives quand on en est familier ou un fidèle spectateur.
Malheureusement, le temps de la décision ne coïncide que rarement avec celui de la connaissance et de la réflexion. Le manque de temps, de curiosité, de volonté comme les circonstances représentent beaucoup d'obstacles à la connaissance des projets artistiques et culturels.

La moindre des choses venant d'élus ayant en charge l'intérêt général et le bien commun, c'est de ne pas condamner a priori et d'adopter une attitude d'écoute, d'analyse et de compréhension conforme à leur fonction.

On veut bien croire qu'il est difficile pour l'élu qu'est Francis Boutes de soutenir un festival venant d'ailleurs et dont il n'a été ni à l'initiative, ni à la création. Pour autant, ici comme ailleurs, ce qui doit présider aux décisions est bien l'intérêt général déjà évoqué et le sens que l'on donne à l'action politique.
Dans cet esprit, on ne comprendrait pas comment les élus de la Communauté de Communes, dont M. Francis Boutes sera à coup sûr le futur président, pourraient rester sur une position qui semble être surtout de principe et dont le caractère définitif risque de détruire la dynamique culturelle créée par le Festival.
Ce serait un coup de plus porté à la culture sur notre département où les discours gagnés par une fièvre à caractère populiste, s'appuyant sur le déni du besoin de culture et prônant l'arrêt de son financement public, se multiplient.

Ce serait même un retour en arrière dont les conséquences culturelles et politiques, insoupçonnables, iraient bien au-delà du seul territoire de la Communauté de Communes, vu le rayonnement du Festival et de SortieOuest qui lui est lié(e).

On ne veut pas croire que tout est déjà joué d'avance, et on veut garder l'espoir que Francis Boutès, avec l'ensemble des élus de la nouvelle Communauté de Communes, sauront prendre le temps d'écouter et de considérer, sans précipitation, et avec toute l'attention voulue ce qui fait l'exemplarité et l'exceptionnalité du Festival des Nuits de la Terrasse et Del Catet et qu'ils envisageront sérieusement avec tous les partenaires, sa pérennisation et son développement au cœur du territoire.

En attendant les actions concrètes qui devraient bientôt suivre, il est possible de joindre l'équipe du festival pour signer la pétition qui circule.

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