Ils ont mis fin au festival des Nuits de la Terrasse et del Catet

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Après "la normalisation" du projet de SortieOuest, voilà que les élus de la nouvelle communauté de communes des Avant-Monts viennent de condamner le Festival de Nuits de la Terrasse et Del Catet que nous savions menacé, tant est grande parfois la bêtise des élus qui ne conçoivent la culture qu'à travers le prisme de la rentabilité économique et surtout politicienne et n'ont de cesse de faire croire qu'ils s'y intéressent alors que c'est le dernier cadet de leur souci.

 

 

Le festival des Nuits de La Terrasse et Del Catet n'étaient pas un festival lambda. Il était devenu un volet du projet artistique de sortieOuest et permettait non seulement d'en prolonger la saison, mais devenait pour quelques jours un lieu de rassemblement et de rencontres pour les habitants d'un large territoire qui attendaient ce rendez-vous dans l'espoir de (re)vivre de grandes et belles émotions artistiques, après celles qu’ils avaient vécues lors de la venue du Grand Tour, chez eux dans leur village ou leur commune.

 

Du théâtre, au jazz en passant par le cirque on se souviendra longtemps de ces spectacles repérés et choisis en raison de leur exceptionnalité et dont la qualité artistique était magnifiée par les lieux de représentation aussi improbables que sublimes.

 

Pendant 17 ans, la programmation artistique du festival a été sous-tendue par cette volonté acharnée de faire le pari de l'art.

Pari qui a longtemps étalonné la volonté politique autour de ce grand projet historique de « décentralisation et démocratisation de la culture » dans le laboratoire que fut le Conseil national de la Résistance et de l’idée que le théâtre était avant tout populaire et devait être « un service public tout comme le gaz et l’électricité »1

 

Nul doute que le Sétois Jean Vilar, figure emblématique de cette épopée, n’aurait pas désavoué le festival des Nuits de la Terrasse et Del Catet dans lequel on retrouvait l’esprit du festival d’Avignon, celui des débuts quand l’art du théâtre prenait toute sa signification dans sa capacité à rassembler et à unir.

Triste jour que celui d’aujourd’hui, où l’on voit des hommes politiques abandonner toute ambition de faire entendre la parole des poètes et « de relancer les dés de l’universel démocratique ».

Triste jour que celui d’aujourd’hui, lorsque les élus, se dotant de logiques financière et commerciale ne conçoivent la culture et sa démocratisation que « rendue accessible ; c’est-à-dire en fait facile, sans énigme, pour pouvoir atteindre le plus grand nombre, et qu’en conséquence un certain nombre de pratiques théâtrales, ou musicales ou littéraires, qualifiées d’élitistes ne doivent plus bénéficier d’aides publiques à la création ou à la diffusion.»2

Triste jour que celui d’aujourd’hui, où la mainmise du politique sur l’art, mène souvent à en faire disparaître la politique...au profit d’une culture industrielle figée dans ses impératifs commerciaux.

Triste jour que celui d’aujourd’hui où des élus décrètent savoir ce qui est bon pour leurs administrés croyant que leur vision de l’art et de la culture est légitimée par leur mandat politique …

Aujourd’hui le sentiment qui nous anime est la tristesse. Mais demain sera un autre jour et nous n’abandonnerons pas l’idée d’avoir un festival à la hauteur de ce que nous pensons et voulons que soit l’art théâtral quand il est « intelligence critique ».

Nous ne nous laisserons pas imposer un modèle culturel par des « boutiquiers » qui ne vont pas au théâtre car ils savent bien que les salles de théâtre peuvent être des lieux de résistance à la bêtise et à l’abrutissement.

1 Jean Vilar

2 Sophie Wahnich « La culture et la foule »

Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche au CNRS.

Texte publié sur le site du théâtre Gérard Philippe

 

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